Il m'arrive de parler politique ... ce site est donc déconseillé aux mineurs
Quant à la vie politique Rouennaise, je n’en étais qu’un spectateur amusé. Lecanuet ayant fait tout ce qu’il fallait pour n’avoir surtout pas de successeur, son décès a provoqué un séisme prévisible mais de forte amplitude.
Quelques années et beaucoup d’erreurs plus tard, une équipe de gauche a été élue et comme tout le monde, je n’étais pas loin de penser que c’était justice.
Et puis, il y a eu ce jour sombre, celui du dépôt de bilan d’une association reconnue d’utilité publique dans laquelle j’avais été bénévole pour que je trouve en moi la détermination nécessaire pour faire en sorte que ce nouveau maire « catholique de gauche » décidemment « anti-social » soit mis hors d’état de nuire au-delà d’un premier mandat.
Voila comment, je suis revenu brutalement en politique à l‘occasion des municipales de 2001.
Fils de ma mère, autrefois adjoint de Jean Lecanuet et Conseiller Général du 5eme Canton, j’avais un nom qui justifiait que l’on m’intègre dans une liste mais qui handicapait la reconnaissance de mes qualités propres. J’étais donc placé un peu bas dans la liste. Je n’ai été élu adjoint qu’après deux ans de mandat, ce qui n’est pas facile. Je suis donc le 17eme et dernier des adjoints d’une grande ville, celui qui s’occupe de la « jeunesse et des sports ».
C’est passionnant d’être élu, çà prend pas mal de temps et c’est rémunéré (1150 €uros par mois net).
Pour la plupart des professionnels du secteur privé, c’est extrêmement difficile de concilier l’activité politique et la profession. Les salariés du privé ne peuvent tout simplement pas prendre de vrais responsabilités en politique.
C’est pourquoi, il y a parmi les élus qu‘ils soient de droite ou de gauche, des jeunes retraités, des chefs d’entreprise sans entreprise, des mères au foyer dont les enfants ont grandi, des conseils et formateurs à l’activité plus ou moins déterminée, quelques professions libérales qui peuvent s’organiser (c’est mon cas), mais surtout, beaucoup de fonctionnaires plus ou moins disponibles mais en tout cas susceptibles de disponibilité sans le risque de perdre à jamais leur situation.
J’ai été élu sous l’étiquette « société civile ». C’est très pratique.
Je connais certains élus qui ont réussi à se faire élire sous cette étiquette, 4 ou 5 fois. Ils sont capables d’être candidats à toutes les élections qui se présentent successivement en affirmant ne pas faire de politique.
Chacun fait ce qu’il veut, mais moi çà ne me convient pas. Il me semble que l’engagement politique passe nécessairement par la référence à un groupe de pensée.
Comment oser se présenter à une élection sans afficher ses opinions, ses idées. Est-ce honnête à l’égard des électeurs ? Donc il fallait adhérer à un parti.
Pour tout dire, j'ai eu un sérieux problème pour choisir un parti dont la doctrine corresponde, au moins un petit peu, à mes idées.
Je ne suis pas gaulliste. Le gaullisme, c'est la posture et le miroir. Le grand homme prend la pose et il dit :"je vous ai compris" . Les français ne sont ils pas des veaux ?
J’ai de la sympathie pour Chirac parce qu’il a tenu une de ses nombreuses promesses : supprimer le service militaire ! C’était vraiment bien de sa part et assez courageux. Comme le fait de soutenir malgré l’opinion d’une majorité de ses électeurs, l'idée qu'il est hors de question de revenir à la peine de mort.
Il a des qualités Chirac et dans le "loft" de la politique d'aujourd'hui, il est sans doute le plus marrant (les guignols lui font malgré eux, une pub d‘enfer). Il aime le saucisson et puis quand il veut vraiment avoir l'air grave, il me donne une irrésistible envie de rire. S'il se représente, j'hésiterais à ne pas voter pour lui. Jacques, soyez raisonnable, ne vous représentez pas !
Si je n’ai pas adhéré à l’U.M.P. c’est pour deux raisons :
- la première est évidente : l’U.M.P. est indéfectiblement gaulliste et je ne le suis pas.
- la seconde tient au comportement des dirigeants de ce nouveau parti lorsqu’ils ont imaginé de modifier le mode de scrutin des régionales.
Loin d’avoir atteint l’objectif peu louable de faire disparaître tout concurrence à droite et au centre, ces dispositions nouvelles et compliquées ont grandement facilité l’accession au pouvoir des élus du PS et ceci dans toutes les régions. Joli résultat !
En fait, si j’ai du mal à trouver ma place dans l’ échiquier politique français, c’est parce qu’au fond, je reste attaché aux valeurs qui avaient enthousiasmé mes 20 ans, avec la certitude que l’on peut être « libéral et social ».
Alors ce n'était pas facile de trouver un parti susceptible de m'accueillir puisque la "pensée libérale" n'est pas représentée en France et lorsqu’elle l’est, elle l’est très mal.
Madelin a fait la démonstration de son incapacité à transmettre le message libéral.
Il est marqué très à droite et donc incompatible avec l’expression d’un véritable message libéral qui contient les valeurs de liberté et de démocratie mais aussi de respect des droits de l’homme, de tolérance et de solidarité.
A la décharge de ce malheureux candidat, il faut reconnaître qu’il n’est pas facile de défendre les valeurs libérales dans un vieux pays conservateur avec quelques illusions tenaces entretenues sur un mode incantatoire : « Patrie des droits de l’homme » , la France n’a-t-elle pas inventé la « notion de service public » et les français ne bénéficient t’ils pas du « meilleur système social du monde ».
Il y a bien quelques « libéraux alternatifs » mais ce sont des extrémistes complètement allumés dont certains proposent rien moins que de « privatiser la police ». C’est n’importe quoi et cela discrédite s‘il le fallait encore, un libéralisme qui, dans ce pays, ne pourrait qu’être « ultra ».
Plus surprenant, au lendemain des élections au parlement européen, Daniel Cohn Bendit s’est à peine caché d’avoir flirté avec les libéraux européens. Dany chez les libéraux, ça aurait secoué la France profonde. Mais les choses ne se sont pas faites.
L’écologie en France reste sous l’influence d’une pensée marxiste.
Il n’était pas question pour moi d’adhérer à un parti qui ne soit pas un « parti de gouvernement ».
Il y a généralement dans les pays démocratiques deux grands partis susceptibles de gouverner : des démocrates plus ou moins socialistes (chez nous le PS) et des conservateurs plus ou moins chrétiens (chez nous l‘UMP) .
Entre les deux grands, il y a un parti de la « troisième voie» est un « parti de gouvernement » car il influe sur la politique de son pays en participant à des gouvernements d’alliance lorsque ses résultats électoraux lui permettent de poser les conditions d’une orientation conforme à ses vœux.
Dans la plupart des pays européens, ce parti de la troisième voie est le « parti libéral ». Chez nous il n’y a pas de parti libéral, mais il y a un parti de troisième voie : l’U.D.F.
C’est donc tout naturellement que je me suis rallié à ce parti avec lequel j’avais tout de même quelques affinités.
Les suites de l’élection des députés au parlement européen ont conforté le choix que je venais de faire en faveur de ce parti.
En effet, les élus issus de l’U.D.F. appartenaient historiquement au groupe des pères fondateurs de l’Europe : la démocratie chrétienne. Mais les élus issus de l’U.M.P. qui ne voulaient plus siéger aux cotés de souverainistes plus ou moins fréquentables, les avaient rejoint dans ce groupe démocrate chrétien.
Alors les U.D.F. ont fait le choix de s’allier au groupe des libéraux européens qui militent de longue date au parlement européen pour défendre les valeurs libérales auxquelles j’adhère.
Nul doute que ce n’est pas sans déchirement que l’U.D.F. s’est détaché de la traditionnelle « démocratie chrétienne » car il s’agit à l’évidence et quoi qu’on en dise, d’un véritable changement de cap.
Alors, puisqu’il en est ainsi, va pour l’ « U.D.F. : ma parole est libre ».
J’aime le slogan et attention car en effet: ma parole est libre !